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ESS - Cela s’est passé hier à l’entraînement

Karaoui, Debbari et Ferhani renvoyés

Les choses ne s’améliorent pas au sein de l’Entente de Sétif. Il faut dire que la tension est à son paroxysme et on ne pense pas football du côté de Aïn El-Fouara. La relation entre les joueurs et la direction, d’un côté, les joueurs et le staff technique, de l’autre, est loin d’être une lune de miel.

Hier lors de la séance d’entraînement, trois joueurs ont été renvoyés par l’entraîneur, Nabil El-Kouki. Opérant sur injonction des dirigeants, le premier responsable de la barre technique a empêché Amir Karaoui, Abdelhak Debbari et Houari Ferhani de s’entraîner. Les responsables du club sétifien estiment que ces trois éléments sont les principaux instigateurs de la dernière "rébellion" qu’a connue l’équipe. La veille de la rencontre face au Raja Casablanca, les joueurs ont ouvertement menacé de boycotter la compétition s’ils ne percevaient pas leur argent. Une attitude qui n’a pas été du goût des responsables ententistes, décidés de frapper d’une main de fer pour faire régner la discipline. Cela a provoqué une réaction des joueurs, qui se sont présentés au stade pour la séance de reprise des entraînements (dimanche), mais en présence d’un huissier de justice et justifier leur boycott. Un comportement qui a irrité au plus haut point le nouveau président du conseil d’administration de la SSPA/Black Eagles, Fahd Halfaïa, qui a juré de ne pas se laisser faire et de ne jamais céder au chantage. Il a même dévoilé des documents attestant qu’un joueur comme Djahnit par exemple, avait perçu plus de 6 milliards de centimes en moins de deux ans. Au lieu de calmer le jeu et les esprits, revenir à de meilleurs sentiments et répondre aux doléances des joueurs impayés depuis des mois, le président a mis, le moins que l’on puisse dire, le feu aux poudres. Il ne s’est pas contenté de suspendre le capitaine ententiste, Akram Djahnit, un joueur aimé et respecté à Sétif, il est allé jusqu’à exhiber les montants perçus par l’élément précité. Ne voyant pas les choses du même angle, tout le collectif débraye dimanche matin. Il faut dire que les joueurs ont affiché leur solidarité avec leur capitaine. On ne sait pas où ira le bras de fer, alors que l’équipe s’apprête à disputer le troisième match de la Ligue des champions.

La préparation d’Amazulu FC compromise

Le prochain match de la Ligue des champions, comptant pour la 3e journée, face à Amazulu, semble ne pas être une priorité pour les Ententistes. L’objectif des Sétifiens est aileurs et le club est en train de se donner en spectacle. L’heure est donc au règlement de comptes et à la liquidation d’un patrimoine collectif. La préparation de la sortie face aux Sud-africains tombe à l’eau et le moins que l’on puisse dire, est compromise. L’administration et les grévistes engagent des huissiers de justice. La première pour constater l’absence irrégulière des salariés, la seconde par solidarité avec leur capitaine. On ne sait pas où vont les choses.

Halfaïa s’est-il tiré une balle dans le pied ?

Le conflit direction - joueurs ne s’estompe pas. Pis encore, puisqu’il donne le coup de grâce fatal à une institution qui a fait du bricolage dans la gestion d’un club aussi prestigieux son cheval de bataille. Les accusations des uns et des pourraient détruire tout ce qui a été construit depuis plus de 63 ans. Le pourrissement a atteint le pic. Au lieu de laver le linge sale en famille, Halfaïa est allé animer, dimanche en fin d’après-midi, une conférence de presse dont les conséquences seraient fatales pour l’Entente, au bord de l’implosion. La défaite face au Raja a été la goutte de trop. Le bras de fer impactera certainement le reste de la saison, à commencer par la prochaine sortie en Ligue des champions. Le président du conseil d’administration s’est-il tiré une balle dans le pied après avoir dévoilé des documents, chose qu’il n’aurait pas dû faire ?

Les supporters réclament des têtes

Les derniers soubresauts de l’affaire Djahnit, soutenu par aussi bien ses partenaires que le milieu sportif sétifien, ont bouleversé les supporters, trouvant en la toile la tribune pour s’exprimer et exiger une nouvelle fois le départ sans conditions des dirigeants et le placement du club sous tutelle d’une entreprise publique, seule issue pour que l’ESS retrouve son éclat. L’éclipse de Serrar arrive au mauvais moment et cela a été dénoncé par les fans, loin de cacher leur colère. Pour sauver les meubles et éviter la disparition de leur club, ils demandent l’intervention des autorités et de tout le monde.

W. D.

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