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Une équipe nationale en panne, un championnat faible, des clubs qui ne forment plus…

Un sursaut pour sauver notre football

L'équipe nationale n'arrive plus à cacher la forêt défraîchie de notre football qui est aujourd'hui rattrapé par ses nombreuses tares. Suivre un match de notre championnat est devenu un véritable supplice pour les puristes qui ont choisi, depuis l'apparition de la fenêtre de la parabole, de se brancher Liga, Premier League, Série A et même certains championnats de pays du Golfe. Quelles sont les raisons de ce gâchis que rien ne peut plus cacher ?

L'échec des Verts lors de la dernière CAN a sonné l'alerte chez les dirigeants de notre football. L'urgence est de retaper ou de redonner vie à l'arbre qui cachait la forêt de notre football. Mais dans cette urgence, on a oublié l'essentiel, le football local, celui qui aurait dû être le vivier de l'équipe nationale. Le président de la FAF peine à trouver un successeur pour le sélectionneur national, au point de solliciter une commission qui devrait faire le tri parmi les CV des prétendants à la succession. Et c'est là une des conséquences que vit notre football. La mission de choisir un sélectionneur national est parmi les tâches dévolues en principe à la direction technique nationale et son collège d’entraîneurs. Ce n'est pas le rôle d'une commission ad-hoc. Théoriquement, la Direction technique nationale dispose d'une banque de données dans laquelle sont consignés les profils des entraîneurs en activité dans le monde, leur palmarès, leurs bagages et tout leur parcours sportif en tant que joueur ou sélectionneur.

Dans cette quête éperdue pour trouver le successeur de Belmadi, on a écarté l'option de l'entraîneur local. Tous les techniciens qui ont été contactés ou qui ont postulé sont des étrangers. Où est la cohorte de techniciens sortis des instituts supérieurs de sport et combien sont en activité dans notre championnat national ? Très peu et ceux qui ont eu la chance d'être recrutés par nos clubs de l'élite et des autres divisions, sont aujourd'hui, par la force des choses, otages des résultats. Le football national est-il stérile au point de ne plus pouvoir enfanter un sélectionneur de la trempe de Khalef, Mahdaoui ou encore Mekhloufi et Saâdane ?

Une formation sans base et sans fondements

Pour avoir des techniciens de valeur, il faudrait que notre football soit en mesure de produire des joueurs de qualité. Et c'est là où le bât blesse. Notre championnat offre au public des parties de pousse-ballon, insipides où on assiste à tout sauf au football, tel qu'il est pratiqué dans le monde. La dernière Coupe d'Afrique nous a montré que le fossé entre le nord et le sud du continent est en train de se creuser. Les Bafana Bafana, formés essentiellement de joueurs locaux, ont ébloui tous les observateurs. Si le public tente, tant bien que mal, de donner des couleurs et de la vie aux gradins, les joueurs eux, produit d'une formation sans fondement et sans base, n'ont à offrir sur la pelouse que des passes à l'adversaire, de mauvais contrôles du ballon, un jeu statique, un comportement antisportif. Des joueurs payés à plus de 100 fois le smig en majorité. La faute ne leur incombe pas car ils sont le fruit d'une dynamique de professionnalisme mal engagée. Les hommes qu'il faut ne sont pas à la place qu'ils devraient en principe occuper. Des dirigeants affairistes qui ne sont mus que par leur intérêt, qui ont vicié tout ce qu'ils ont touché, arbitrage, système de compétition, mouvements de joueurs. Leur seul motivation, l'intérêt personnel. Les joueurs, produit d'un système de formation qui n'est basé sur aucune logique sauf celle du gain facile et vite. Rares sont nos joueurs seniors qui connaissent l'international Board, qui maîtrisent une passe, qui savent comment se placer en fonction de l'évolution du jeu, qui savent comment fonctionne un 4-4-2 ou un 3-5-2, qui ont une idée sur la notion de l'appui et du soutien. Ces joueurs sont le produit d'une formation qui privilégie le résultat au détriment du savoir-faire, même chez les jeunes catégories. Les entraîneurs affectés chez les jeunes sont en majorité des anciens joueurs qui ont, pour les plus chanceux, bénéficié d'une formation de courte durée pour obtenir un diplôme, mais sans avoir l'essentiel, à savoir l'essence scientifique de la pratique sportive. Et la faute incombe aux dirigeants du football à tous les niveaux, à la Direction technique nationale qui n'a pas adopté un plan de travail-modèle pour chaque catégorie et chaque division et qui a validé des formations diplômantes qui ne permettent pas au futur entraîneur d'avoir le savoir-faire nécessaire pour former un joueur de football.

"Un senior en miniature"

L'entraîneur en charge de la catégorie pupille court derrière le résultat, laissant de côté l'aspect formation qui est primordial quand on débute dans le football. Des entraîneurs de la catégorie école programment des séances de travail physique au lieu de penser à élargir le potentiel technique de leur jeune joueur. Au lieu de laisser la nature se charger du développement naturel de son organisme, ils tentent de pousser les choses avec les risques d'accidents que cela pourrait avoir pour ces enfants. Au cours de mon expérience sur les terrains, il m'est arrivé de voir un entraîneur de la catégorie pupille forcer les jeunes enfants à faire des courses avec un medecine-ball. J'ai vu un autre, un ancien international, qui avait privé de repas les enfants minimes qu'il entraînait après une défaite. Ces entraîneurs voient en ces enfants des seniors en miniature au lieu de footballeurs en devenir s'ils leur assuraient une formation conforme aux standards. C'est donc tout un édifice à reconstruire car il ne s'agit pas seulement de faire de l'équipe nationale une machine à gagner. C'est tout notre football qui a sombré, au point de ne plus pouvoir exporter de jeunes talents vers l'étranger. Aujourd'hui, on fait appel à des binationaux pour constituer nos sélections nationales de jeunes et cela n'est pas acceptable dans la mesure où cela prouve que le mal est profond et qu'on refuse de voir les choses en face. Combien de clubs assument pleinement leur statut de formateur ? Un seul et c'est le Paradou qui a adopté un programme étudié pour son académie qui prend en charge tous les aspects de la formation du jeune footballeur. Ses résultats prouvent que des dirigeants ont fait le bon choix : le produit de leur formation s'exporte, permettant ainsi au club de gagner de l'argent et son équipe première régale par son football.

Où sont les académies de football de la FAF et des clubs et quelle est la véritable nature et la véritable mission de celles dites des clubs étrangers qui ont vu le jour dernièrement chez nous ?

Le football algérien n'est pas uniquement l'équipe nationale. C'est un ensemble qui est malheureusement vermoulu aujourd'hui. L'Etat a mobilisé des fonds considérables pour relancer et développer la pratique sportive dans le pays, mais ces fonds ont apparemment servi à autre chose et profité à certains qui ont pris en otage notre football et qui nous ont privés du plaisir d'assister à un classico digne du nom ou un choc footballistique entre des joueurs pétris de qualités et qui ne trichent par sur le terrain.

F. S.

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